Géologie et prospection glaciaire

Durant le dernier épisode glaciaire du Quaternaire supérieur (18000-5000 ans BP), les glaciers ont occupé un territoire jusqu`à 44 400 000 km carrés, dont l`Inlandsis laurentien (13 400 000 km carrés) qui recouvra alors le Québec et une partie de l`Ontario. L`amplitude de cet évènement géologique eut un important impact sur la physionomie du paysage Québécois par l`érosion du socle rocheux résultant du déplacement des dômes glaciaires et la mise en place des dépôts résultant de ce processus.

Dans un tel environnement, il est normal que l`industrie minière applique des techniques exploratoires permettant l`identification d`anomalies géochimiques ou minéralogiques associées aux sédiments sub-glaciaires et le traçage des traînées de dispersion associées avec les mouvements (avances et reculs) des glaciers; plus particulièrement dans les régions plus proximales au centres glaciaires (c.a.d. affectées par des déplacements plus courts et simples).

Dans ces cas, l`industrie minière utilise fréquemment une approche de reconnaissance régionale où on recueille selon une maille plurikilométrique des échantillons (20-40kg) de sédiments glaciaires (fluvioglaciaires) associés aux eskers régionaux (chenaux de rivières à la base des glaciers) ou aux sables remobilisés de plage. Les échantillons sont expédiés en laboratoire où ils sont tamisés, et leurs différentes fractions sont séparées. Les fractions les plus lourdes sont isolées et examinées au binoculaire pour les différents minéraux recherchés. Pour l`exploration des métaux précieux et de base, les fractions fines sont également analysées pour différentes substances en laboratoire. Dans le cas de l`exploration pour le diamant, les minéraux possiblement indicateur de kimberlite sont recueillis et analysés par micro-sonde.

Dans le cas de signal positif cohérent, des suivis d`échantillonnage sont réalisés selon une maille plus serrée en amont glaciaire des anomalies. Ce nouveau échantillonnage recueillera du matériel ayant potentiellement subi un transport plus court (c.a.d. du till, sédiment glaciaire non-trié, et plus particulièrement le till de base). Dans les suivis, la prospection des blocs glaciaires et des affleurements rocheux sera également privilégiée en amont des anomalies glaciaires.